Les briques de la vie viennent-elles de l’espace ?

Le prochain Mardi de l’Espace portera sur l’origine de la vie.

Peut-il exister des formes de vie ailleurs que sur Terre? Pour répondre à cette question, des projets spatiaux extraordinaires ont été lancés ces dernières années : les satellites Corot et Kepler pour détecter des exoplanètes, ou le robot Curiosity pour chercher si l’environnement de Mars a pu être favorable à l’apparition de la vie. Mais alors que l’on cherche si de la vie peut exister ailleurs, sait-on seulement comment elle est apparue sur Terre ? De nouvelles études montrent  que des briques indispensables à l’émergence de la vie sur notre planète auraient pu être fabriquées dans l’Espace.

Peut-il exister des formes de vie ailleurs que sur Terre ? Pour répondre à cette question, des projets spatiaux extraordinaires ont été lancés ces dernières années : les satellites Corot et Kepler pour détecter des exoplanètes, ou le robot Curiosity pour chercher si l’environnement de Mars a pu être favorable à l’apparition de la vie. Mais alors que l’on cherche si de la vie peut exister ailleurs, sait-on seulement comment elle est apparue sur Terre ? De nouvelles études montrent  que des briques indispensables à l’émergence de la vie sur notre planète auraient pu être fabriquées dans l’Espace.

Mardi 19 novembre, à l’occasion du prochain Mardi de l’Espace organisé par le CNES, Michel Viso, le responsable du programme Exobiologie au CNES, animera une discussion sur la formation des prémices de la vie dans l’Univers. Il sera accompagné de trois chercheuses en exobiologie.


La vie sur Terre aurait pu être apportée par les comètes ou par les météorites.

Source : Wikipedia Commons

A la fin du 19e siècle, la théorie de la panspermie avance que la vie sur Terre, sous forme de micro-oganismes, aurait été apportée par des météorites ou des comètes. L’hypothèse a ses incohérences, mais elle alimente une réflexion scientifique.

La théorie la plus courante en matière de processus d’appartition des molécules fondamentales du vivant attribue le rôle de briques élémentaires aux acides aminés.  En 1920, le biochimiste Alexandr Oparin avance la théorie selon laquelle l’atmosphère terrestre était à l’origine dépourvue d’oxygène et favorable à l’apparition d’acides aminés. En 1952 Stanley Miller conçoit et monte une expérience utilisant des conditions similaires à celles proposées par Alexandr Oparin Il obtient, grâce à des réactions chimiques simples, 11 types différents d’acides aminés.

Preuve était faite que l’étincelle de départ de la vie peut apparaître relativement facilement sur Terre. L’exobiologie démontre d’autre part que des briques de la vie se forment aussi dans le cosmos, notamment autour des étoiles, dans les nébuleuses. Des acides aminés sont retrouvés dans les météorites et les poussières interplanétaires. Une météorite découverte en 1969 s’est révélé contenir des dizaines de milliers de molécules organiques.

Deux études récentes ont également avancé l’hypothèse que des molécules  pourraient être créées et rapportées par les comètes. Dans la première étude, la reconstitution artificielle d’une comète a provoqué la formation d’acides aminés. La deuxième a simulé les conditions d’une collision entre une comète et la Terre et a montré que le choc provoquait des réactions chimiques capables de produire des acides aminés.

Un nombre croissant de recherches montrent que l’espace peut être la source des matières premières organiques à l’origine de la vie. Reste à savoir si ces molécules extraterrestres ont eu un rôle dans l’émergence de la vie sur Terre. « Ces molécules sont présentes dans l’espace et peuvent être formées aussi sur Terre. La réponse à cette question est donc très difficile » explique Michel Viso.  Elles auraient pu aussi se former sur Mars. La mission du rover Curiosity envoyé sur Mars est de choisir, prélever et analyser des échantillons de sa surface pour découvrir les conditions qui y ont régné il y a plusieurs milliards d’années et éventuellement découvrir si elles ont pu conduire à la formation de ces fameux acides aminés.

Trois chercheuses post-doctorantes présenteront leurs dernières découvertes et en discuteront les implications.

Caroline Freissinet, chimiste, analyse les données de l’un des instruments du robot martien de la NASA. Elle est actuellement en post doc au Goddard Space Flight Center aux Etats-Unis. « Ces molécules organiques pourraient avoir été conservées dans les conditions martiennes » écrit-elle dans sa thèse.

Vassilissa Vinogradoff, chimiste, cherche  à déterminer comment les acides aminés peuvent se former dans le milieu interstellaire en recréant les conditions interstellaires dans des petits réacteurs chimiques au laboratoire de Physique des Interactions Ioniques et Moléculaires de Marseille et au Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA).

Cécile Favre, astrophysicienne en post doc à l'Université du Michigan utilise des observations radio astronomiques pour comprendre les procédés chimiques et physiques à l’œuvre dans les régions où les étoiles naissent.

Pour découvrir ces toutes dernières avancées en exobiologie, rejoignez le CNES, le Bar des Sciences et MyScienceWork, mardi prochain, 19 novembre, au Café du Pont-Neuf (Paris) à 19h30. Vous pouvez également suivre l’événement via le hashtag #CNESTweetup.