Les légumineuses à grains peuvent aider des cultures de maïs à obtenir les nutriments manquants

Ce mois-ci, l'un des articles les plus lus sur MyScienceWork portait sur la culture intercalaire. Cette méthode de culture permet d’acidifier les sols des régions arides, facilitant ainsi la dissolution du phosphore.



  

Lorsque l’on parle d’agriculture, la plupart des esprits imaginent des champs de blé, de maïs, ou de lavande à perte de vue. La monoculture est actuellement la forme d’agriculture la plus visible dans tous les paysages. Pourtant, ce n’est absolument pas le seul moyen de culture existant. Dans certaines régions arides, où les nutriments ne sont pas présents en quantité suffisante dans les sols, de nouvelles méthodes de culture pourraient permettre de pallier ce problème.

 

Les auteurs Sareban Hadi, Madani Ahad et Sareban Hadi au département d’agronomie de l’Islamic Azad University of Gonabad, en Iran, ont publié un article sur la culture intercalaire de légumineuses à grains cette année. Paru dans l’Egyptian journal of agriculture research, l’article “Encourage farmers to adopt sustainable water and nutrient management in arid agroecosystems: problems, solutions and future studies” propose des solutions pour résoudre le manque d’azote et de phosphore dans les sols des régions arides, en utilisant des méthodes de culture intercalaire.

 

Dans les sols acides, le phosphore et l’azote sont des éléments essentiels présents en trop faible quantité. La culture intercalaire consiste à semer d’autres éléments en même temps que la culture principale, ici des légumineuses à grains. Ces légumineuses, utilisées avec des cultures de tournesol, de maïs, de coton ou autre pourraient permettre d’introduire les nutriments manquants. En effet, les légumineuses augmentent les ions H dans le sol, ce qui acidifie ce dernier. Et un sol plus acide permet de mieux dissoudre le phosphore. Cela se vérifie dans les cultures intercalaires blé/légumineuses à grains actuelles, où l’absorption de phosphore est plus élevée qu’en monoculture. De plus, les légumineuses à grains jouent d’autres rôles bénéfiques en augmentant la matière organique des sols, la disponibilité des nutriments et la rétention d’eau. 

 

Cependant ajouter un élément à la culture principale est un défi, car il ne faudrait pas que ces nouveaux éléments “volent” l’eau et les nutriments des autres plantes. Pour l’eau, cette dernière se situe surtout en profondeur, donc les grandes cultures y ont accès facilement, et les courtes racines des légumineuses à grains ne peuvent leur voler cette ressource ; mais les nutriments essentiels (l’azote et le phosphore) se trouvent en quantité homogène dans le sol. S’ils sont en faible quantité, et que les légumineuses en prennent, alors le rendement est plus faible pour les agriculteurs. La solution à ce problème consiste à augmenter le nombre de nutriments dans les sols, par exemple avec des bactéries qui solubilisent le phosphate.

 

En conclusion, l’insertion de légumineuses à grains dans les cultures de coton, de maïs ou autres dans les régions arides augmente la quantité d’ions H dans les sols. Or, ces ions acidifient ces derniers, et un sol plus acide dissout mieux le phosphore. Cependant, la fixation de l’azote par les légumineuses à grains n’est pas suffisante, et l’ajout d’un engrais azoté est nécessaire.



Sareban, Hadi, Ahad Madani, and Farshid Vazin. "Encourage farmers to adopt sustainable water and nutrient management in arid agroecosystems: problems, solutions and future studies." Egyptian Journal of Agricultural Research 99.2 (2021): 136-141.