La Science en BD, Vos questions au prof Moustache de Marion Montaigne

Interview d'une blogueuse scientifique

Combien de pizzas faut-il pour arrêter un tir de chevrotine ? Les insectes ressentent-ils la douleur ? Pourquoi les hommes ont-ils envie de vomir lorsqu’ils reçoivent un coup dans les testicules ? Autant de questions existentielles auxquelles répond le professeur Moustache sous la plume de son auteure Marion Montaigne. Sur son blog « Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) », dans une bande-dessinée dédiée au cinéma de fiction et maintenant parmi les pages du National Geographic sciences, elle nous explique les aspects les plus bizarres de la science et de notre corps. Voici des explications scientifiques comme on les aime, sans tabou, drôles, cocasses, trashs. Découvrez notre interview de Marion Montaigne.

Combien de pizzas faut-il pour arrêter un tir de chevrotine ? Les insectes ressentent-ils la douleur ? Pourquoi les hommes ont-ils envie de vomir lorsqu’ils reçoivent un coup dans les testicules ? Autant de questions existentielles auxquelles répond le professeur Moustache sous la plume de son auteure Marion Montaigne. Sur son blog « Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) », dans une bande-dessinée dédiée au cinéma de fiction et maintenant parmi les pages du National Geographic sciences, elle nous explique les aspects les plus bizarres de la science et de notre corps. Voici des explications scientifiques comme on les aime, sans tabou, drôles, cocasses, trashs. Découvrez notre interview de Marion Montaigne.

 

Le professeur Moustache bravant les dangers des laboratoires. © Ankama éditions, 2011
Professeur moustache

 

Marion Montaigne est née le 8 avril 1980 à la Réunion. Elle a déjà publié « Panique organique », « Youri et Margarine dans l'espace », « La vie des très bêtes ». Dans sa première BD « Professeur Choupsky présente : le cafard », elle dresse un tableau grandeur nature de cet insecte mal-aimé en 22 planches ! Car pour produire ses ouvrages, Marion Montaigne se documente beaucoup.

Ses explications surfent sur des bases scientifiques. Elles font rire à coups d’idées saugrenues et de descriptions trash. En 2008, elle créé le blog « Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même !) » Sans bagage scientifique, elle se lance alors dans la vulgarisation scientifique. Au fil des posts, cette auteure de BD campe le rôle du professeur Moustache, imminente savante au genre sexuel douteux. De par sa popularité, le professeur reçoit de nombreux courriers de lecteurs se posant des questions farfelues. « Chère professeur Moustache. Si un tunnel traversait la Terre de part en part et que l’on tombait dedans, que se passerait-il ? » ou « Si un astéroïde nous fonçait dessus, serait-on obligé de faire appel à Bruce Willis ? » ou encore « Ca fait quoi de mourir ? » Elle part ensuite à la rencontre de scientifiques pour répondre aux questions qui lui sont posées.

 

Marion Montaigne, illustratrice et auteure de BD © ANKAMA / Alexandre O’Toole
Marion Montaigne

 

Aucun sujet ne lui fait peur hormis, dit-elle, la génétique et la physique quantique. Elle nous dévoile tous les détails de la vie d’un entomologiste forensique (celui qui étudie les larves et insectes pour déterminer la date de décès d’un individu). Elle nous explique ce qu’il se passerait si un astronaute décédait pendant un vol spatial ou si une bombe atomique tombait sur Neuilly. Fin 2011, elle publie chez Ankama la première adaptation des aventures du professeur Moustache en BD format papier sous le titre : « La science, c’est pas du cinéma ». Elle y décortique toutes les aberrations scientifiques des grands films hollywoodiens : les lasers de Star Wars, la greffe de visage dans Volte Face et beaucoup d’autres.

Depuis Mars 2012, National Geographic France a invité le professeur Moustache parmi les pages de son nouvel hors-série NG sciences. Pour l’occasion, NG a interviewé son auteur et dessinatrice (voir la vidéo sur leur site).

 

National Geographic Sciences n°2 actuellement en kiosque
National Geographic sciences

 

Interview de Marion Montaigne

 

MyScienceWork : Comment s’est créé ce partenariat avec National geographic sciences ?

Marion Montaigne : Ce sont eux qui ont pris l’initiative de me contacter. Tout a commencé par leur correcteur orthographique qui était fan de mon blog et qui leur a suggéré de me faire participer. Ils sont à fond dans la conception de ce nouvel hors-série et ils sont très ouverts. Ils m’ont très bien accueillie et m’ont même demandé mon avis sur leur maquette !

 

 

La question que se posent tous tes lecteurs : Qui sont le prof Moustache et Nathanaëlle ?

Le prof Moustache, c’est mon alter-ego. Elle représente la manière dont je me dessine. Mais je n’ai pas créé ce blog pour raconter ma vie. J’ai préféré garder l’anonymat ; c’est pourquoi je lui ai rajouté une moustache. Nathanaëlle c’est simplement sa cousine. Pour garder une cohérence avec le prof, elle porte une barbe. En fait, j’aime l’absurde. Je fais du théâtre d’improvisation. J’aime bien les choses bêtes qui ne s’expliquent pas, les réparties immédiates du tac au tac. Le prof est un personnage sympa, dynamique. Ses péripéties mêlent la science à l’absurde.

 

"J’ai préféré garder l’anonymat ; c’est pourquoi je lui [le professeur Moustache] ai rajouté une moustache."

 

Pourquoi avoir créé un blog dessiné qui ne parle que de science ?

C’est tout d’abord par goût personnel que j’ai choisi ce thème. J’ai créé le blog à côté de mon travail pendant mon temps libre. J’aime beaucoup la biologie et je suis fascinée par l’espace. Je voulais traiter de ces sujets qui me plaisent mais je ne savais pas trop comment faire. Le blog me permet d’expérimenter, de voir les réactions des lecteurs, leurs commentaires. De cette façon, j’ai pu améliorer mes sujets. C’est aussi un choix artistique. Les scientifiques font tout le boulot d’imagination. Ceci permet d’écrire des notes plutôt longues et adaptées aux formats actuels. Et du point de vue visuel, les cellules et les bactéries se prêtent parfaitement à être des personnages de BD.

 

Quels sont tes souvenirs des cours de science à l’école ?

J’adorais les cours de biologie. C’était la seule classe qui m’intéressait. En classe de biologie, on trouvait des images sympas, des posters et surtout des vivariums avec des bêtes étranges par exemple les phasmes et les escargots. J’échangeais d’ailleurs des poissons d’aquarium avec l’enseignante. J’étais plutôt bonne élève. Je trouvais cette discipline rassurante car elle expliquait concrètement la vie.

 

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je navigue beaucoup sur internet. Il y a de nombreux sites anglophones qui répondent à plein de questions bizarres. J’aime surtout aller à la bibliothèque. J’ai de nombreuses lectures. J’achète beaucoup de livres et j’utilise tout ce que j’ai sous la main. Dans mes scénarios, je réponds aussi à mes propres questions relatives à l’actualité. Pendant la catastrophe de Fukushima, je m’étais demandée pourquoi on ne pouvait pas simplement ‘arrêter’ une centrale nucléaire. » Recouper les informations dans différentes lectures et comprendre des sujets scientifiques malgré ma formation purement artistique m’apporte beaucoup de satisfaction.

 

La science sous la loupe de la dérision. © ANKAMA / Alexandre O’Toole
Marion Montaigne

 

Comment se passent tes rencontres avec les scientifiques ?

Les chercheurs que je rencontre sont très accueillants. Ils sont très fiers que l‘on parle d’eux. J’ai fait ma première visite à la suite d’une dédicace où un jeune chercheur m’a proposé de venir visiter son laboratoire (voir Mercredi, de sortie). Les scientifiques font un métier qui les isole beaucoup. Leurs familles ne comprennent rien à ce qu’ils font. De nombreux clichés véhiculent une image froide et austère des scientifiques. Les chercheurs seraient tous vieux, en blouse blanche et complètement fous. Moi, je suis du bon côté. J’aborde les choses drôles et bizarres.

 

En somme, la créatrice du professeur Moustache est surtout une passionnée de lecture ce qui lui a permis d’acquérir une large culture. Marion Montaigne est surtout curieuse. Elle a aussi la patience et le courage d’affronter les scientifiques sur leur propre terrain et pour ensuite y semer ses propres graines d’humour et de créativité. Pour elle, la science est trash. Elle a vu dans ces laboratoires des tests horribles faits sur des animaux. Elle a rencontré des stagiaires qui maternaient des colonies d’asticots embaumant ainsi le laboratoire entier. Elle porte un regard cynique et décalé sur tout cela. Grâce à ce mixe, elle nous offre un blog et des bandes dessinées drôles (et ludiques). Pari gagné pour Marion, « On mourra moins bête (mais on mourra quand même).

Marion Montaigne, enfin l'itw vidéo pour le National Geographic Sciences !

 

En savoir plus :

 

Nous vous conseillons vivement le nouveau portail 'Strip Science' qui réunit des blogueurs Scientifiques et des blogueurs BD pour réaliser des collaborations inédites http://stripscience.cafe-sciences.org/

Le lundi, c’est chirurgie, première page du blog « Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) », 23 juin 2008 http://tumourrasmoinsbete.blogspot.fr/2008/06/essai.html