L’Open Access : vers une nouvelle pratique de la communication scientifique

Renouveau dans la diffusion et l'archivage des œuvres scientifiques

Le développement des archives en accès libre, défendu par les mouvements pour l’Open Access, et de l’auto-archivage des publications scientifiques sont significatifs des besoins de la recherche scientifique en termes de communication et de diffusion. Permettre à tous l’accès aux publications scientifiques semble être un élément favorisant la visibilité des travaux de recherche et cela sur une échelle de temps beaucoup plus courte qu’au travers des processus classiques de publication. L’Open Access en particulier fait l’objet de nombreux débats communs à toutes les disciplines scientifiques et nécessite d’être abordé dans le contexte historique de la publication scientifique. Cette nouvelle pratique de l’édition scientifique est symptomatique des modifications sociétales induites par l’accès libre aux contenus partagés volontairement sur Internet, et se rapproche donc des débats sur le téléchargement gratuit, la diffusion des œuvres et la protection des droits d’auteurs.

Le développement des archives en accès libre, défendu par les mouvements pour l’Open Access, et de l’auto-archivage des publications scientifiques sont significatifs des besoins de la recherche scientifique en termes de communication et de diffusion. Permettre à tous l’accès aux publications scientifiques semble être un élément favorisant la visibilité des travaux de recherche et cela sur une échelle de temps beaucoup plus courte qu’au travers des processus classiques de publication. L’Open Access en particulier fait l’objet de nombreux débats communs à toutes les disciplines scientifiques et nécessite d’être abordé dans le contexte historique de la publication scientifique. Cette nouvelle pratique de l’édition scientifique est symptomatique des modifications sociétales induites par l’accès libre aux contenus partagés volontairement sur Internet, et se rapproche donc des débats sur le téléchargement gratuit, la diffusion des œuvres et la protection des droits d’auteurs.

 

Open Access. source : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Open_Access_PLoS.svg
open access logo

 

ArXiv : réponse de l’Open Access face à la lenteur de la publication

 

L’année 1991 marque la naissance d'ArXiv, le 1er serveur de prépublications électroniques d'articles scientifiques en Open Access. L’objectif de ce site était la mise en ligne par les auteurs de brouillons d’articles ou d’articles scientifiques en cours de publication. Très rapidement, une demande d’archivage à long terme des articles sur ArXiv s’est manifestée, révélant un réel besoin dans ce domaine.

 

ArXiv soumissions par mois
 

L’avènement d’ArXiv marque le début des initiatives favorisant l’Open Access comme une alternative à la diffusion de l’information scientifique et technique par les seules maisons d’édition. Nous verrons que les initiatives vers l’Open Access, sans avoir forcément pour but de concurrencer les maisons d’édition, doivent souvent leur apparition à un manque de la part des maisons d’édition ou bien à un besoin. ArXiv, par exemple, pallie la lenteur du processus de publication en rendant les textes accessibles à tous pendant le long processus de publication. A l’heure où les avancées scientifiques sont internationales et se réalisent par petits pas rapides, l’accélération de l’accès aux nouvelles publications était nécessaire pour l’émulsion de la recherche à l’échelle internationale.

 

« La diffusion gratuite des découvertes reste la méthode la plus efficace pour résoudre les problèmes communs à l’intérieur d’une discipline scientifique donnée. » 

Richard Barbrook

 

Néanmoins, ArXiv apparait aussi parfois comme le moyen de contourner les abonnements auxquels il est nécessaire de souscrire pour accéder aux publications. L’utilisation de cette base de dépôt de prépublications comme une base en Open Access met en avant la difficulté qui peut être rencontrée pour accéder aux publications lorsque l’utilisateur ne fait pas partie d'une institution bénéficiant des moyens suffisants pour l’obtention des abonnements aux revues les plus indispensables.

 

 

La finalité de la publication scientifique est pourtant la diffusion de résultats et de données dans un contexte d’avancées scientifiques et techniques internationales.

 

L’Open Access soutenu par les institutions et les gouvernements

 

Le mouvement de l’Open Access est né, dans les années 1990, d’une mobilisation de la communauté savante (chercheurs, bibliothèques, etc.) en faveur d’un accès libre et gratuit à l’information scientifique de manière à faciliter la diffusion et le développement du savoir. Plus tard, ce mouvement s’est considérablement amplifié. Il a ensuite été soutenu par des prises de positions officielles émanant d’un grand nombre de fondations scientifiques, de responsables d’universités et de gouvernements au travers de déclarations internationales.

Le premier mouvement se déclarant explicitement de l’Open Access fut le mouvement Open Archives Initiave (OAI) en 1999. Il fut suivi, 3 ans plus tard, du Budapest Open Access Initiative (BOAI), de la Déclaration de Budapest pour l’accès ouvert, de la charte ECHO, la lettre ouverte des chercheurs appelant à la constitution d’une « Public library of Science » et de la déclaration de Bethesda pour l’édition en libre accès. Les objectifs de ces initiatives sont l’accès sans aucune restriction aux publications scientifiques et l’archivage à long terme.

 

Conférence sur l’open access 2011 http://www.berlin9.org/
 

Dès 2003, le mouvement pour l’Open Access prit de l’ampleur et ces initiatives furent soutenues par des institutions et des gouvernements. Ces allégeances aux mouvements pour l’Open Access furent notamment officialisées en octobre 2003 par la Déclaration de Berlin sur le Libre Accès à la Connaissance en Sciences exactes, Sciences de la vie, Sciences humaines et sociales [1], signée par plus de 300 universités et institutions de par le monde, parmi lesquelles figurent les plus prestigieuses.

 

La publication scientifique s'est déplacée de la bibliothèque à l'Internet © photogj –Fotolia.com

 

De très importants organismes de financement de la recherche jouèrent également un rôle en définissant des politiques imposant aux chercheurs qu’ils finançaient de diffuser librement et gratuitement les articles qu’ils publiaient (pour exemple le Wellcome Trust en Angleterre en 2003, le  National Institute of Health -NIH aux USA en 2005 et, depuis peu, le Fonds Wetenschappelijk Onderzoek en Belgique).

 

AVIS DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES CONCERNANT LA COMMUNICATION SCIENTIFIQUE DIRECTE

Texte adopté par l’Académie des sciences le 5 juillet 2005

 

Du fait de ces prises de position institutionnelles et gouvernementales, plusieurs sites institutionnels de dépôt de thèses et d’articles furent créés. Depuis début 2011, la plupart des établissements utilisent le dépôt des thèses de doctorat via le serveur thèses-en-ligne (TEL) qui permet aussi l’auto-archivage en ligne des habilitations à diriger des recherches (HDR).

 

« Vous êtes seul juge de sa diffusion sur internet. Vous pouvez décider de cette diffusion tout de suite (dès la soutenance), ou après une période dite d'embargo […]  A partir de la date que vous aurez déterminée, le texte intégral de votre thèse sera automatiquement accessible depuis : - le catalogue Sudoc - le catalogue des bibliothèques de Paris-Sud 11 TEL (Thèses en ligne), partie dévolue aux thèses de HAL archive ouverte pluridisciplinaire de la recherche française - DART Europe : E-theses Portal, catalogue des thèses électroniques européennes (18000 thèses de 300 Universités de 19 pays fin 2010) - Depuis toutes les bases qui auront décidé de moissonner les références issues de STAR selon le protocole OAI

Cette diffusion sera assurée par la bibliothèque : une fois la Demande d'hébergement de fichier électronique remplie, vous n'avez aucune autre démarche à faire auprès de HAL ou TEL par exemple.

Vous avez le droit de changer d'avis sans avoir à vous justifier dans un sens (finalement vous faites une demande d'hébergement) ou dans l'autre (vous demandez le retrait par lettre recommandée avec accusé de réception à l’adresse suivante : Université Paris Sud 11, Bât. 300, 91405 Orsay cedex). »

Page d’instructions de diffusion de thèses de l’Université Paris Sud

 

TEL est un environnement particulier de l'archive ouverte pluridisciplinaire (HAL) destiné au dépôt et à la diffusion d'articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non. HAL, quant à elle, est une plateforme commune de dépôt de publications et d’écrits scientifiques issue d’un accord inter-établissement qu'ont signé en 2006 l’ensemble des universités et des Grandes Écoles françaises par l’intermédiaire de leurs Conférences, et les organismes de recherche suivants : le CEMAGREF, le CIRAD, le CNRS, l’INRA, l’INRIA, l’INSERM, l’Institut PASTEUR et l’IRD. Néanmoins, le pourcentage de scientifiques français déclarant déposer leur texte dans des archives ouvertes est encore relativement faible (voir le premier article MyScienceWork sur les usages des scientifiques).

Dans le monde, plusieurs archives ouvertes de ce style sont accessibles en ligne. On en trouve aux États-Unis (1 et 2), en Amérique Latine, en Australie, au Canada, en Allemagne, en Grande Bretagne. On compte également une archive des universités scandinaves et il existe même une archive mondiale.

Une carte du développement des archives ouvertes dans le monde devrait être mise en ligne en juin 2011 en remplacement de sa version bêta: http://www.openaccessmap.org/#

 

Par ailleurs, en 2005, le congrès américain et la chambre des représentants ont voté une loi qui impose que les articles rendant compte de recherches financées par les organismes dépendant de l’état fédéral soient disponibles en accès libre pour tous (passé un certain délai). Les pressions politiques ont obligé les éditeurs scientifiques à se soumettre à cette loi. De la même manière au Royaume-Uni, le comité de la Maison des sciences et des technologies a recommandé la mise en place de plateformes d’auto-archivage institutionnelles dans lesquelles les scientifiques subventionnés par ces institutions devront obligatoirement déposer une copie de leurs publications.

 

L’Open Access : vers une nouvelle pratique de la communication scientifique

 

La question de la rémunération du travail d’édition en Open Access devient alors centrale. Mais pour discuter de cette interrogation, il est au préalable nécessaire de distinguer deux tendances selon lesquelles se décline l’Open Access.

Dans le premier cas, dit « la Voie verte », les auteurs et leurs établissements prennent en charge l’auto-archivage, c’est-à-dire le dépôt des publications dans des archives ouvertes (AO) à la manière des établissements belges qui ont développé des répertoires institutionnels (ex : ORBI de l’Université de Liège, DIAL de l’Université catholique de Louvain, DI-fusions de l’Université libre de Bruxelles). Il y aurait aujourd’hui plus de 1400 AO dans le monde (une carte mondiale des répertoires institutionnels est disponible). D’après Heather Morrison, l’auto-archivage aurait augmenté de 171 % entre début janvier et fin mars 2011 ! Dans ce cadre, le dépôt des articles se fait sous forme électronique sur un serveur de l’institution, celui-ci étant librement et gratuitement accessible au monde entier via Internet. L’auteur conserve ses droits mais concède à l’institution et aux lecteurs un certain nombre de droits (copie, téléchargement, partage, lien, etc.) Par contre, dans le scénario où le scientifique ne publie ses résultats que sur des archives institutionnelles, sans passer par un travail d’édition classique, il faut alors trouver le moyen de contrôler la qualité des textes soumis et l’homogénéité des formats. Cependant, en général, et c’est le cas pour les archives belges citées ci-dessus, le dépôt en archives institutionnelles se fait en parallèle d’une soumission de l’article à une revue d’édition classique dont les termes relatifs aux droits d’auteur le permettent.

 

La croissance de l’Open Access entre 1993 et 2009. Source: M. Laakso et al. PLoS ONE 6, e20961 (2011)

 

Dans le second cas, dit « la Voie d’or », la publication passe par des plateformes d’édition d’une revue en Open Access (Quelques exemples : la Public Library of Science PLoS ONE, PubMed pour les travaux en biologie et en médecine développés par le gouvernement américain, OpenEdition, en France, qui regroupe trois plateformes destinées aux sciences humaines et sociales (dont revues.org fait partie), Biomed Central pour les STM, ou encore Scielo au Brésil). Ces revues en Open Access se financent, pour la plupart, selon un modèle dit inversé dans lequel les frais de publication –puisqu’il en est forcément– sont à la charge de l’auteur ou de ses institutions et non plus à la charge de l’abonné qui peut dès lors accéder gratuitement aux documents. Le prix moyen d’une publication sur PloS ONE est de 1350 dollars.

 

« [..] il semble bien que la solution qui nous semble la plus évidente, la plus naturelle parce que la plus proche de la tradition, le paiement à la consultation (« pay-per-view »), soit un échec commercial à chaque fois qu’il a été mis en œuvre par un éditeur. Il semble bien que ce mode de consultation, qui titille aussi beaucoup les éditeurs grand public pour des raisons évidentes, soit inadapté aux usages et besoins des chercheurs et des étudiants. [...]

La publication numérique, analyse M. Minon, n’est jamais « gratuite ». Toute la question est de savoir qui la finance : l’utilisateur ou le producteur. La question du financement « par l’aval » ou « par l’amont » de la publication scientifique est en effet cruciale, parce qu’elle implique au premier chef des acteurs différents : un financement par l’amont équivaut souvent à la mise en place de structures éditoriales au sein des universités et organismes de recherche ; structures financées sur fonds publics et prenant en charge le travail que font habituellement les sociétés d’édition. C’est dans cette perspective que l’accès à l’information peut-être gratuit pour l’utilisateur (mais pas obligatoirement), contrairement à ce que peuvent proposer des éditeurs commerciaux contraints de tirer leurs revenus de la distribution de l’information. L’opposition entre financement en amont ou en aval mise en valeur par Marc Minon doit cependant être modérée par la conscience que l’édition scientifique commerciale n’est pas un secteur économiquement autonome : nombre de textes publiés dans ce cadre sont fortement subventionnés par le secteur public... »

Pierre Mounier sur Homo-numericus à propos du rapport Marc Minon « Edition universitaire et perspectives du numérique»

 

Plusieurs travaux avancent que 30 % de la littérature scientifique et académique seraient disponibles librement sur Internet, dont deux tiers selon la voie verte et un tiers selon la voie d’or. Selon une étude récente, le dépôt en Open Access selon la voie d’or connaitrait une augmentation de 20 % par an. En France, selon une enquête de l’URFIST sur les pratiques informationnelles des chercheurs (EPI de l’URFIST), 38 % des scientifiques disent déjà déposer leurs articles dans des bases en Open Access en 2010. Aujourd'hui, ces bases seraient plus de 500, et actuellement, on en compterait sur Lund Directory of Open Access Journals (doaj.org6000 journaux en Open Access dont les articles sont relus par des pairs (selon Heather Morrison)*.

 

Comme exemple d’archive institutionnelle performante, nous pouvons citer Archimer, l’archive institutionnelle de l’Ifremer, qui offre depuis 2005 un ensemble d’outils bibliométriques et plus d’une base de dépôt en Open Access à ses membres. Depuis septembre 2010, les membres de l’Ifremer ont l’obligation de déposer leur publication dans Archimer, qui recense à ce jour plus de 80 % des publications de cette institution, qui a par ailleurs favorisé la diffusion de données océanographiques à tous.

La question de la qualité des contenus s’est évidemment posée au début des mouvements pour le libre accès. Dans ce domaine, plusieurs solutions sont disponibles. Tout d’abord, l’évaluation par les pairs est tout aussi possible en Open Access qu’avec l’édition traditionnelle, si tant est que suffisamment de scientifiques de toutes disciplines adhèrent au système. L’Open Access propose aussi des solutions d’évaluation en aval ; c’est-à-dire après publication (open peer review, independent review). Dans ce dernier cas, deux voies se dégagent : l’évaluation est faite soit par des pairs, soit via un système de commentaires et de notations mis à disposition des lecteurs qui peuvent alors contribuer à l’évaluation du texte. De nombreuses initiatives ont développé ce genre d’évaluation, comme par exemple Faculty of 1000 (F1000), une base de dépôt en Open Access et surtout une plateforme de post-relecture sur laquelle des experts membres du comité jugent de la qualité d’une publication (de biologie et de médecine) après que celle-ci a été publiée.

Des indices de notation des revues en Open Access ont aussi été développés et montrent que certaines de ces revues se positionnent plutôt bien et offrent un contenu de qualité. La qualité du contenu des publications en Open Access est donc véritablement fiable, bien qu’il soit toujours intéressant pour un lecteur de s’intéresser au procédé d’évaluation mis en place autour des textes qu’il consulte.

 

Projections vers l’avenir

 

Force est de constater que des crises importantes ont ébranlé les éditeurs scientifiques depuis quelques années, en parallèle de quoi les attentes morales et commerciales de leurs ‘clients’ imposent l’évolution de leur pratique. La question est donc de savoir si nous nous dirigeons vers la fin des maisons d’édition ou bien si celles-ci vont s’adapter aux nouveaux outils et aux nouvelles exigences personnelles, institutionnelles et gouvernementales. Une nouvelle adaptation de l’édition permettrait une meilleure socialisation de la science via les outils collaboratifs. Il est aussi nécessaire de permettre aux usagers de se réapproprier leurs publications. Pour cela, il serait bénéfique pour tout le monde de permettre aux auteurs l’accès à des données sur l´impact  et le taux de diffusion de leurs publications. Par exemple, les auteurs pourraient prendre connaissance du nombre de personnes ayant lu un article mais aussi des commentaires que l’article aurait suscités et des autres articles que ces lecteurs ont lu ou jugé intéressants. Tout cela s’inscrit dans un besoin de personnalisation de la bibliographie et pallierait, par ailleurs, le manque d’organisation dans la pratique de la bibliographie exprimé par de nombreux scientifiques.

 

L’ère numérique révolutionne les pratiques des scientifiques © laurent hamels – Fotolia.com

 

 

En parallèle de l’Open Access, de nouvelles pratiques sont peu à peu apparues dans le travail de recherche scientifique :

- e-science (collaboratif, participatif) :Open Labs, Open Data (datasets, protocoles de recherche, résultats bruts d’expérimentation, cahier de manip 2.0) - les réseaux sociaux scientifiques (Research gate, MyScienceWork) - les réseaux sociaux institutionnels - blog de chercheur, microblogging (conference reporting) - social bookmarking (plateforme de partage de références bibliographique : Mendeley, citeUlike,   Connetea, 2collabs, zotero, Citeulike + ZeitGeist = CiteGeist), endnote, bibtex + journal picks

Ces divers outils feront l’objet d’un prochain article sur MyScienceWork détaillant les nouvelles pratiques des scientifiques.

 

En conclusion, les besoins de la communication scientifique montrent que l’Open Access est une chance à saisir afin de maximiser la visibilité de la recherche pour un impact plus important et plus rapide des résultats scientifiques. Il est en effet probable que la mise en ligne simple et rapide des résultats de la recherche favorise l’interdisciplinarité et accroisse l’audience et la visibilité d’un auteur. En outre, les revues en Open Access devraient apporter une meilleure transparence des processus pré-publication et post-publication pour une meilleure appropriation d’un article par ses auteurs.

Le développement de l’Open Access fait partie d’un processus d’intégration des nouvelles pratiques sur Internet menant la recherche vers une meilleure socialisation des pratiques scientifiques qui est vitale à l’ère du trop-plein d’information. Cette nouvelle pratique de la diffusion scientifique répond à un besoin, mais aussi à des inquiétudes exprimées quant à l’intégrité des éditeurs scientifiques les plus importants (voir notre article MyScienceWork sur l'édition scientifique).

Les débats autour de l’accès libre aux publications font partie de ces nombreux débats opposant la législation, protégeant les droits d’auteur et des biens informationnels et culturels, au mouvement en faveur de l’ouverture au libre accès, par exemple via le téléchargement musical, les logiciels libres, les journaux d’actualité et les quotidiens. Il faut s’attendre à de nombreux remaniements de la société vis-à-vis de l’ouverture des médias numériques, et à l'adaptation des métiers et des outils. Dans le cas de l’édition scientifique ce sont des sociétés très importantes dont le fond même est remis en cause. Cela aura pour conséquence soit une refonte du système de publication au sein des maisons d’édition, soit la disparition de ces dernières au profit de nouveaux modèles économiques.

 

Nous remercions chaleureusement Hans Dillaerts pour la relecture de cet article. Voici le lien vers son site : Libre Accès à la communication scientifique http://open-access.infodocs.eu/tiki-index.php?page=Page+d'accueil

* Les journaux en Open Access sont nombreux et les énumérer est une tâche complexe car les formats sont multiples. Le chiffre de 6 000 qu’avance Heather Morrison utilise une définition très large du journal en Open Access. Il est parfois critiqué. Nous avons retenu une barre inférieure de 1 400 pour les différentes estimations du nombre de journaux en Open Access.

 

[1] Berlin Declaration on Open Access to Knowledge in the Sciences and Humanities http://www.zim.mpg.de/openaccess-berlin/berlindeclaration.html

 

Source image à la une : 

 

www.doaj.org/

 

En savoir plus :

 

[1] Libre accès à la communication scientifique, site de H. Dillaerts et H. Bosc, http://open-access.infodocs.eu/tiki-index.php?page=Page+d%27accueil

[2] L’édition scientifique : son modèle, ses scandales, L. Bianchini, MyScienceWork 2011, http://blog.mysciencework.com/2011/07/06/l%e2%80%99edition-scientifique-son-modele-ses-scandales/

[3] L’évolution de la pratique des réseaux sociaux en science, L. Bianchini, MyScienceWork 2011, http://blog.mysciencework.com/2011/04/26/l%E2%80%99evolution-de-la-pratique-des-reseaux-sociaux-professionnels/

[4] Libre accès : entre idéal et nécessité, un débat en mutation, P. Mounier, 2010, http://www.homo-numericus.net/spip.php?article300#nb2

[5] Open science, open-access, science 2.0 : De nouvelles modalités pour la communication scientifique, Julien Sicot, 2010, http://www.slideshare.net/jsicot/open-science-open-access-science20-de-nouvelles-modalits-pour-la-communication-scientifique

[6] Dramatic Growth of Open Access March 31 2011, H. Morrison, http://poeticeconomics.blogspot.com/2011/03/dramatic-growth-of-open-access-march-31.html

[7] Laakso M, Welling P, Bukvova H, Nyman L, Björk B-C, et al. (2011) The Development of Open Access Journal Publishing from 1993 to 2009. PLoS ONE 6(6): e20961, http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0020961

[8] Conclusions du Conseil sur l'information scientifique à l'ère numérique: accès, diffusion et conservation, 2007, http://www.consilium.europa.eu/ueDocs/cms_Data/docs/pressData/fr/intm/97240.pdf

[9] Defrosting the digital library: Bibliographic tools for the next generation web, Hull, D., S. R. Pettifer, and D. B. Kell, PLoS Comput Biol 4 (10), (2008), DOI:10.1371/journal.pcbi.1000204

[10] Le site SPARC, http://www.arl.org/sparc/about/index.shtml

[11] Free Scholarly Electronic Journals: How Good Are They?, M. Fosmire, S. Yu, 2000, http://www.library.ucsb.edu/istl/00-summer/refereed.html

[12] Brown, P.O., Eisen, M.B. & Varmus, H.E., 2003. Why PLoS Became a Publisher. PLoS Biol, 1(1), e36 http://dx.doi.org/10.1371/journal.pbio.0000036

[13] Open Access and Scholarly Communication: What new librarians should know, Information Studies Department Colloquium: "What new librarians should know about open access and scholarly communication", UCLA, 2010, http://www.youtube.com/watch?v=0XRSY61gdyY

[14] Publishing Open Access Academic Materials, Brett Bobley talks on why it is important for academics to publish open access materials for academics to increase their own personal impact. http://www.dailymotion.com/video/xhgnkv_publishing-open-access-academic-materials_tech