Cyberaddiction et Jeux Vidéo

L'impact des jeux vidéos sur les individus

World of Warcraft, Counter strike, Civilization, Travian, Tétris ou le poker en ligne… nous connaissons ces noms et les utilisons parfois trop. Certains ont carrément remplacé leur vie sociale par une vie virtuelle faite de quêtes et de missions. Ils communiquent en ligne avec leurs alliés, leur guilde, leurs ennemis et y passent de nombreuses heures chaque jour. L’utilisation addictive des jeux vidéo toucherait un nombre important d’individus et surtout les jeunes. Les conséquences sont parfois graves : déscolarisation, phobie sociale, isolement… Numérisation de la société ou dérive de la commercialisation de la technologie ? Le jeu pathologie est en passe d’être ajouté au registre des nouvelles addictions.

World of Warcraft, Counter strike, Civilization, Travian, Tétris ou le poker en ligne… nous connaissons ces noms et les utilisons parfois trop. Certains ont carrément remplacé leur vie sociale par une vie virtuelle faite de quêtes et de missions. Ils communiquent en ligne avec leurs alliés, leur guilde, leurs ennemis et y passent de nombreuses heures chaque jour. L’utilisation addictive des jeux vidéo toucherait un nombre important d’individus et surtout les jeunes. Les conséquences sont parfois graves : déscolarisation, phobie sociale, isolement… Numérisation de la société ou dérive de la commercialisation de la technologie ? Le jeu pathologie est en passe d’être ajouté au registre des nouvelles addictions.

 

Les jeux vidéo sont souvent une source de conflits entre adolescents et adultes – Source : Alain Bachellier / Flikr
Cyberaddiction et Jeux Vidéo

 

La génération des 25-35 ans a connu l’essor des jeux vidéo et les craintes, parfois justifiées, des parents lorsque leurs enfants y passaient plusieurs heures d’affilée. Aujourd’hui, nous sommes plusieurs heures par jour devant un écran ou rivés sur nos smartphones. Quand l’utilisation des outils numériques entame nos nuits, envahit nos pensées et prend une trop grande importance dans nos vies, il est possible que l’addiction ne soit pas loin. Nous savons aujourd’hui que l’addiction est une maladie incluant des dérèglements psychologiques. Du 12 au 18 mars 2012, la société des neurosciences en partenariat avec l’European Dana Alliance for the Brain (EDAB) et la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC) organise « la semaine du cerveau ». Une occasion de s’intéresser au fonctionnement de notre organe central : le cerveau et de revenir sur une addiction récente touchant indépendamment les adultes et les adolescents.

Tout objet de plaisir peut devenir une addiction. En 2010, la France a autorisé les jeux d’argent en ligne. Par expérience, les casinos savent que le jeu peut créer des addictions graves et sa légalisation a soulevé de nombreuses inquiétudes. Le 13 juillet 2010, l’Assemblée Nationale a reçu, à l’initiative d’élèves de La Réunion, une proposition de loi sur la « Cyberaddiction » afin de « responsabiliser les pouvoirs publics et les industries de jeux vidéo dans l’éducation à la santé et la protection des enfants et des adolescents contre la cyberaddiction. » Lorsque le comportement du joueur pose des problèmes, on parle de jeu pathologique. Mais l’addiction s’avère difficile à diagnostiquer. Elle touche chaque individu différemment et nous ne savons pas s’il existe des prédispositions chez certaines personnes.

Le Neurodon est une collecte nationale de fonds organisée chaque année par la FRC pour contribuer au financement de la recherche sur le cerveau. Cette année la campagne porte sur les addictions.
Cyberaddiction et Jeux Vidéo logo neurodon

Pong fut en 1975 le premier jeu à envahir nos salons. Depuis, leur utilisation n’a fait qu’augmenter. Le développement d’Internet, vers la fin du XXe siècle, a particulièrement propagé les jeux vidéo en ligne et les jeux massivement multi-joueurs (MMORPG) dans lesquels le joueur prend part à la vie d’un univers virtuel peuplé de communautés solidaires et réelles. Aujourd’hui nous disposons de peu de recul pour pouvoir identifier précisément les critères comportementaux caractéristiques de cette pathologie. Comme pour toute addiction, les symptômes fréquents sont une perte de contrôle de l’utilisation, similaire à une perte de liberté de décision. La souffrance liée à ce comportement est souvent générée par un isolement croissant du joueur vis-à-vis de ses proches et de la société et des conséquences parfois lourdes : séparation amoureuse, échec scolaire, repli au domicile, phobie sociale.

Mais la frontière entre une utilisation excessive et une addiction est difficile à tracer. Aucun consensus n’existe sur le nombre d’heures ou les attitudes caractéristiques d’un comportement addictif. Des études d’imagerie médicale ont montré que le jeu vidéo activait les circuits habituels de la récompense et du plaisir du cerveau. Il affecterait donc les zones cérébrales de la prise de décision. Les jeux violents, notamment, désensibiliseraient les joueurs à la violence. Les symptômes spécifiques aux jeux sont le déplacement « en ligne » des relations sociales IRL « In Real Life ». Et l’« effet Tétris » fait référence au fait de visualiser mentalement des images associées au jeu pendant les moments où l’individu ne joue pas.

 

Jeunes joueurs - Source : 2008 Sean Dreilinger / Flikr
joueur jeune jeux-vidéo

 

Hormis les conséquences sociales, les séquelles neurologiques de l’addiction aux jeux vidéo sont peu connues et il n’existe quasiment aucune étude. Nous manquons de connaissances dans ce domaine et de moyens médicaux pour traiter cette addiction. Les modifications neuronales du circuit de la récompense étant similaires à celles induites par la consommation de substances psychoactives, le jeu pathologique est traité grâce à des entretiens individuels dont le but principal est de définir une activité de substitution IRL : sport, voyage, activité de loisir, de groupe etc. Des thérapies de groupe visent à informer l’entourage ou les parents du joueur afin qu’ils puissent comprendre la situation addictive.

Le jeu vidéo est un phénomène encore récent. Lorsque les parents appréhenderont mieux ces loisirs numériques, la situation évoluera. Lors d’un tchat entre le Dr Bruno Rocher et des internautes sur le Neuroblog, la question de l’émergence d’une société plus numérisée que celle des générations précédentes a été soulevée. Les jeux vidéo sont stimulants car ludiques. Ils sont utilisés dans le domaine éducatif et thérapeutique (handicapes, autisme…) De manière générale, nous pouvons dire qu’ils font partie intégrante de notre société et du développement des plus jeunes générations. Il est donc important de connaître les limites d’une utilisation abusive et donc d’informer de manière préventive sans diaboliser les jeux vidéo pour autant. Car comme bien souvent dans la vie, il s’agit d’une question d’équilibre.

 

  Pour en savoir plus :

 

Vous êtes un joueur régulier et vous vous demandez si vous êtes en train de devenir accros aux jeux vidéo ? Remplissez le questionnaire « Pratique des jeux vidéos » de la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau et de l'institut fédératif des addictions comportementales du CHU de Nantes : http://www.frc.asso.fr/Le-neurodon/La-campagne-annuelle/la-campagne-2012/questionnaire-addictions

Mieux comprendre les neurones de l’apprentissage et de l’addiction aux drogues http://blog.mysciencework.com/2012/01/26/neurones-apprentissage-addiction-drogues.html

Des aveugles mémorisent des lieux grâce à un jeu http://blog.mysciencework.com/2011/10/17/des-aveugles-memorisent-des-lieux-grace-a-un-jeu.html Centre de Référence du Jeu Excessif http://www.crje.fr/