Comment nos descendants iront-ils vers Mars et au-delà?

Le futur de la conquête spatiale pour l'avant-dernier Mardi de l’espace de la saison 2013

Les chercheurs étudient déjà des solutions de demain en matière de propulsion. Ces technologies pourraient permettre d’envoyer des hommes sur Mars d’ici 2035. Pour l'avant-dernier Mardi de l’espace de la saison, deux ingénieurs parleront des perspectives technologiques en matière de propulsion et expliqueront que ce projet ne tient pas uniquement de la science-fiction.

Les chercheurs étudient déjà des solutions de demain en matière de propulsion. Ces technologies pourraient permettre d’envoyer des hommes sur Mars d’ici 2035. Pour l'avant-dernier Mardi de l’espace de la saison, deux ingénieurs parleront des perspectives technologiques en matière de propulsion et expliqueront que ce projet ne tient pas uniquement de la science-fiction.

Cet article existe aussi en anglais « New types of propulsion towards our first steps on Mars ». Il a été traduit du français vers l’anglais par Timothée Froelich

 

Le succès de la mission robotique Curiosity témoigne de la maîtrise des ingénieurs et chercheurs en matière de technologies spatiales. Ils voient désormais plus loin : « l’étape logique après avoir marché sur la Lune, c’est Mars » selon Richard Heidmann, ingénieur en propulsion et fondateur de l’association Planète Mars. Avant de fouler la planète rouge il faut réévaluer les performances en matière de propulsion des vaisseaux. Rejoignez l'avant-dernier Mardi de l’espace de la saison le 21 mai au café du Pont-Neuf (Paris) sur le thème « Comment nos descendants monteront-ils dans l’espace ? ». Deux experts en propulsion nous parleront des technologies futures et de ce projet martien proche de la science-fiction.

Les contraintes d'un voyage sur Mars - Tiphaine Rivière (Bureau 14)

Améliorer les performances de propulsion

Partir du projet de l’exploration humaine de Mars est un bon moyen d’interroger les technologies actuelles. Pour Richard Heidmann, « On a toutes les technologies nécessaires mais ce ne sera pas facile pour autant ». Elisa Cliquet Moreno, spécialiste des systèmes de propulsion à la direction des lanceurs du CNES, précise qu’utiliser le type de propulsion actuel sans autre innovation spécifique par rapport aux missions Apollo « ne serait pas raisonnable ».  Si on suivait vraiment le schéma du programme qui a permis d’envoyer les premiers hommes sur la Lune, il ne faudrait pas un lancement de type Saturn V mais une dizaine. « Au total ce serait plus de 1000 tonnes qu’il faudrait assembler en orbite terrestre avant de partir vers Mars. C’est plus de deux fois  la masse de la Station spatiale internationale ! » indique Elisa Cliquet Moreno. Plus de 40 ans se sont écoulés depuis Apollo et les ingénieurs ont atteint les limites de  la propulsion chimique classique. « Si on veut améliorer les performances de la propulsion, il faut repartir de zéro et faire une véritable rupture technologique » explique Elisa Cliquet Moreno. En dehors de la propulsion d’autres solutions astucieuses sont étudiées pour rendre le voyage vers Mars « raisonnable » comme la production d’ergols (carburant et comburant) de retour directement sur place et l’aérocapture. Combinée à ces technologies, la propulsion actuelle pourrait alors suffire.

Objectif Mars

« Envoyer des Hommes vers Mars est un projet qui revient sur le devant de la scène tous les 10 ans » explique Richard Heidmann. La NASA prévoit la mise en place de ce projet d’ici 2030-2035 mais beaucoup estiment qu’il est réalisable techniquement bien avant. Alors que la partie décisionnelle est aux mains des politiques, des célébrités comme Buzz Aldrin militent pour une conquête humaine martienne.

Plusieurs projets sont envisageables : envoyer des Hommes en orbite autour de Mars pour piloter directement les rovers ; envoyer des humains pour explorer la planète et faire des prélèvements ; et à plus long terme établir une base scientifique permanente sur Mars. De là à la colonisation de la planète Mars, il n’y a qu’un pas !

Vue d’artiste sur le travail des humains aux côtés des robots sur Mars – Crédit image : NASA

Une exploration humaine permettrait non seulement de développer les connaissances scientifiques mais aussi de participer au développement économique et d’innovations des nations participantes. Richard Heidmann va même plus loin en expliquant l’impact géostratégique et social de cette mission d’ampleur. « Un grand projet spatial comme celui-ci donnerait un poids important aux pays participants dans les négociations internationales. De plus, les beaux projets relancent l’engouement des jeunes pour les métiers scientifiques et techniques ».

 

Plus généralement ce Mardi de l’espace sera l’occasion de parler des technologies du futur, et des solutions pour aller encore plus loin dans la conquête spatiale. Voile solaire, propulsion laser, propulsion nucléaire thermique, propulsion électrique etc. Est-ce que des moteurs pourront permettre de voyager vers Mars en 39 jours comme le prétend un astronaute et physicien américain ? Pour découvrir ce que nous réserve le futur de la conquête spatiale retrouvez Elisa Cliquet Moreno et Richard Heidmann, deux experts en propulsion le 21 mai au café du Pont-Neuf ou sur Twitter grâce au hashtag #CNESTweetup !

 

Pour aller plus loin :

Richard Heidmann, Planète Mars : Une attraction irrésistible, Alvik, 2005.

JF Pellerin, A.Souchier, R.Heidmann, Embarquement pour Mars, 20 défis à relever, A2CMedias, 2013.

Exploration de l’espace : vers une stratégie internationale ? sur MyScienceWork.

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