50% Open Access

L'accès libre aux publications scientifiques franchit un tournant décisif

Une étape importante vient d'être franchie dans la course à l'Open Access. Le 21 août, la Commission Européenne publiait un communiqué de presse annonçant que "l'Open Access venait d'atteindre un seuil critique". Selon un des trois rapports produits par Science-Metrix, plus de 40% des articles publiés entre 2004 et 2011 dans le monde seraient librement accessibles en ligne. Dans plusieurs pays et plusieurs disciplines, cela dépasserait même les 50 % !

Une étape importante vient d'être franchie dans la course à l'Open Access. Le 21 août, la Commission Européenne publiait un communiqué de presse annonçant que "l'Open Access venait d'atteindre un seuil critique". Selon un des trois rapports produits par Science-Metrix, plus de 40% des articles publiés entre 2004 et 2011 dans le monde seraient librement accessibles en ligne. Dans plusieurs pays et plusieurs disciplines, cela dépasserait même les 50 % !

Dans un précédent article, nous vous disions que "la transition vers l’Open Access était aujourd’hui engagée" et qu'il était temps de passer à l'étape suivante et de se poser de nouvelles questions. La preuve est aujourd'hui faite que cette transition est plus qu'engagée. L'Open Access devient la norme puisque plus de la moitié des articles publiés le sont selon les principes élargis de l'Open Access.

Des chiffres étonnamment élevés

Le 22 août, en twittant : #aide Cherche les chiffres récents du % de publication en #OA, je m'attendais à obtenir des résultats de l'ordre de 12 à 20%, comme les derniers chiffres l'annonçaient. Quelle ne fut pas ma surprise à la lecture de ces tweets :

 

 

 

 

Des chiffres deux fois plus élévés que ceux qui étaient précédemment pris en compte. Du jamais vu ! (Je remercie d'ailleurs ici les membres de la communauté #OA pour leur constante réactivité). Le communiqué de presse explique que ces résultats sont deux fois plus élevés que les précédentes estimations du fait d'une méthode affinée et d'une définition plus large de l'Open Access.

Des taux record

A ce niveau-là, peu de surprises. Les sciences dures, la recherche biomédicale, la biologie et les mathématiques sont toujours sur le front et dépassent parfois les 50% sur la période 2004-2010. Les sciences humaines et sociales, les sciences appliquées, l’ingénierie et la technologie sont les disciplines montrant le plus faible taux d’Open Access. Rien de bien nouveau sous les tropiques.

Une forte croissance des articles publiés dans des revues d’Open Access gold est à noter, avec une croissance de 24% par an.

L’étude confirme un plus grand nombre de citations des articles Open Access, notamment les articles publiés selon la voie verte. En effet, les articles publiés dans des revues OA selon la voie dorée présentent un plus faible nombre de citations, ceci étant essentiellement lié au fait que nombre de ces jeunes revues en Open Access n’ont pas (encore) acquis une visibilité et une reconnaissance équivalente aux revues classiques.

Sur la période de 2008 à 2011, le volume de publications en Open Access de certains pays a par ailleurs aussi franchi le cap de 50% : c'est le cas de plus de 30% des pays européens, ainsi que les Etats-Unis et le Brésil, ce dernier atteignant 63% grâce à sa base Scielo.

Une forte augmentation de l’ouverture des articles anciens

L’étude rapporte une augmentation de la proportion des publications en Open Access de 2% par an. Cette croissance est fortement amplifiée par l’ajout des articles anciennement publiés et qui sont rétrospectivement mis en Open Access. Le rapport attire aussi notre attention sur certains biais comme les articles mis en ligne pendant une certaine période puis retirés par l’éditeur. Un seuil semble avoir été franchi en décembre 2011, date à laquelle 48% des articles publiés en 2008 étaient disponibles en Open Access.

La forte croissance des publications en Open Access, notamment dans les revues Gold OA, ajoutée aux multiples prises de position des gouvernements pour l’Open Access (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Université de Californie, etc.) laisse entrevoir un avenir radieux pour l’accès à une diffusion libre et gratuite pour tous des publications scientifiques. En répondant à mon tweet, Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission Européenne déléguée aux questions du numérique, confirmait d’ailleurs l’objectif de 100% d’Open Access d’ici 2020 pour toutes études financées par la Commission Européenne. A quand le 100% d’Open Access pour tous et partout ?