13 minutes / TED, des formats adaptés pour la diffusion des connaissances

La quantité d’informations disponibles sur internet offre à l’utilisateur la chance incroyable d’assouvir son désir d’informations et de se plonger dans différents territoires d’exploration des connaissances. La diffusion d’idées s’est adaptée à nos nouveaux modes de consommations de loisirs. Ils sont drôles, poétiques ou dynamiques. Ils parviennent à stimuler nos neurones pour créer un véritable engouement pour les sciences : ce sont les 13 minutes, les TED, le théâtre scientifique, les Ernest… Retour sur ces différents formats adaptés à la diffusion orale des connaissances.

La quantité d’informations disponibles sur internet offre à l’utilisateur la chance incroyable d’assouvir son désir d’informations et de se plonger dans différents territoires d’exploration des connaissances. La diffusion d’idées s’est adaptée à nos nouveaux modes de consommations de loisirs. Ils sont drôles, poétiques ou dynamiques. Ils parviennent à stimuler nos neurones pour créer un véritable engouement pour les sciences : ce sont les 13 minutes, les TED, le théâtre scientifique, les Ernest… Retour sur ces différents formats adaptés à la diffusion orale des connaissances.

 

Courts et drôles pour marquer les esprits

L’éducation est encore synonyme de longues heures de cours devant un enseignant, le tout ponctué de quelques questions et interactions. Internet a mis à disposition de tous une quantité infinie d’enseignements et d’informations. Obtenir de nouvelles connaissances n’est plus l’apanage des étudiants ni des rats de bibliothèque. De nouveaux formats d’éducation et de partage des connaissances apparaissent ou sont en cours d’expérimentation. Cela offre des possibilités exponentielles d’apprentissage tout au long de la vie.

Du point de vue cognitif, il semble que notre concentration ne puisse s’exercer que sur un laps de temps court. De nouveaux formats de divertissements se sont développés selon ce principe et rencontrent un succès planétaire. Sur internet, les vidéos courtes se diffusent, s’échangent, se visionnent entre amis. Un grand nombre de jeunes en raffolent au point que l’on pourrait les appeler la « Génération YouTube ». Parmi ces vidéos qui circulent abondamment, les TED talks se distinguent par leur engagement pour le partage des richesses de l’esprit humain. Les TED sont des événements organisés sous la forme de succession de conférences courtes (18 minutes maximum) regroupant, autour d’un thème, des profils charismatiques des sciences, des arts et de l'entrepreneuriat avec l’objectif de permettre la diffusion d’idées innovantes.

Selon le texte de présentation de leur site internet, « les trois conférences annuelles de TED rassemblent les penseurs et acteurs les plus fascinants au monde. Ils sont mis au défi de donner ‘la présentation de leur vie’. » Les enregistrements vidéos de ces conférences sont ensuite gratuitement partagés sur internet.

Fauteuil 13 minutes(c) 13 minutes

 

Des versions « frenchy » de ces formats, plus orientés diffusion des connaissances, remportent aussi un grand succès. Les Ernest, du nom de la cour de l’école qui les organise, sont des journées de conférences publiques, sur les sujets les plus divers, donnés par les meilleurs experts ; un enchaînement rapide et nerveux de présentations de 15 minutes au sein de l’École Normale Supérieure. Les Ernest affichent l’ambition d’offrir : « un format de conférences adaptées aux nouveaux médias ».

Dans un autre arrondissement de la capitale, l’université Paris Diderot héberge sous un autre style une série de conférences courtes et dynamiques. Les « 13 minutes » affichent clairement leur format court qui émoustille deux à trois fois par an les neurones d’un public varié. Selon ses organisateurs, « il se passe des choses extraordinaires dans les laboratoires. Les gens veulent profiter des fruits de ces idées et de cette intelligence. Les présentations des 13 minutes sont éclectiques. Elles expérimentent un nouveau moyen de faire passer des idées et de stimuler les gens pour leur donner envie d’en savoir plus. »

Mais pourquoi ce format fait-il le succès de ces événements ? Pour le comprendre, l’équipe MyScienceWork est allée interviewer Jean-Marc Galan, biologiste, animateur de radio et co-fondateur des 13 minutes. Retour sur l’origine de ce projet ambitieux.

De grandes valeurs, des hommes et des femmes charismatiques

Les conférences TED ont un succès planétaire. L’engouement parfois presque fanatique du public est tout d’abord dû à leur format mais surtout au choix des orateurs. Ceux-ci sont charismatiques, passionnés et savent transmettre leur motivation et croyance autour d’idées de grande portée. Selon la philosophie de TED « Nous croyons passionnément dans le pouvoir des idées pour changer les attitudes, la vie et finalement, le monde. » Une partie du secret se tient donc dans le plaisir qu’a l’orateur de s’exprimer sur le sujet qui lui tient à cœur. Du côté du public, le fait de personnaliser de grandes valeurs (lutte contre la pauvreté, partage, open data etc.) et de les rattacher aux propos et aux opinions de personnalités captivantes permet de personnifier les idées. De les appréhender sous le format d’un message simple, porté par une personnalité et facile à retenir.

D’autres paramètres que la durée de l’intervention, par exemple les émotions et une bonne élocution, jouent aussi un rôle important dans la mémorisation.

La démarche expérimentale de l’atelier ‘Théatre et Science’ du Master 1 de journalisme scientifique de l’université Diderot est un exemple particulier dans lequel public et participant obtiennent des bénéfices réciproques. Selon Frédéric Tournier, enseignant-chercheur en biologie et membre de l’équipe ‘Science et Médias’, « les étudiants du Master sont accueillis en début d’année par un atelier de cinq semaines pendant lequel ils vont se saisir d’une controverse scientifique de leur choix. Ils vont l’étudier, en discuter, puis concevoir une histoire qu’ils présentent, devant un public, sous forme de pièce de théâtre dont ils auront choisi les personnages. »

Le théâtre est-il donc une nouvelle forme très visuelle et émotionnelle de transmission des idées ?

Pour le savoir, découvrez l’interview issue de notre rencontre avec Frédéric Tournier, enseignant-chercheur, membre de l’équipe ‘Science et Médias’ et co-fondateur des 13 minutes.

Des lieux de rencontres

Ces conférences d’un nouveau genre se développent aujourd’hui en synergie avec les réseaux sociaux et le web 2.0. Plus de 900 vidéos sont mises en partage gratuitement et sont diffusées en masse. De plus, les présentations des 13 minutes comme celles des TED sont commentées en temps réel sur le réseau Twitter. Les individus n’ont aujourd’hui plus besoin de se déplacer pour en bénéficier. Les événements ne sont plus localisés mais profitent au plus un grand nombre.

Néanmoins il ne faut pas négliger l’impact des événements sur le public physiquement présent. Ils permettent le rassemblement de dizaines ou des centaines de personnes partageant des traits communs : avidité de découvertes, enthousiasme… Si des échanges se créent en ligne, c’est en parallèle des rencontres que l’on fait sur place.

« Les gens ont peur ou n’ont normalement pas l’occasion de venir à l’université », raconte Frédéric Tournier. Les 13 minutes leur ouvrent donc les portes de ce lieu du partage des savoirs. En ce qui concerne l’apprentissage du théâtre scientifique, « après ces semaines pendant lesquelles les étudiants, qui ne se connaissaient pas, ont débattu et travaillé ensemble, ils ont tissé des liens très forts. Ils ont pu se voir sous un nouveau jour. » Pour ce qui est des spectateurs, « nous en savons moins mais nous avons constaté qu’ils étaient prêts à rester après la représentation afin de débattre du spectacle. Quelque chose s’est passé. Il y a eu émulation.»

Aux dernières séances de 13 minutes, nous avons vu l’amphithéâtre se remplir d’environ 200 personnes : enseignants, étudiants, habitants du quartier, curieux de tout bord etc. Pendant un peu plus d’une heure, ils vont s’enthousiasmer devant les orateurs, twitter, poser des questions. Vient ensuite un élément clef, second temps fort de la soirée qui clôture l’événement « à la française » par un moment de rencontres autour d’un verre et d’un buffet campagnard. Un instant de détente autour de fromages, pâtés et vin au cubi qui permet au public d’aller à la rencontre des orateurs et d’échanger leurs impressions et commentaires dans un contexte convivial.

 

En conclusion, que vous ayez été séduits par les 13 minutes, les TED, les Ernest ou le théâtre, visionnez les enregistrements, partagez-les, commentez-les et surtout participez. Prendre part d’une façon ou d’une autre à ces événements, c’est faire partie d’une communauté d’hommes et de femmes curieux, ouverts, prêts à recevoir mais aussi à donner et créer. Néanmoins, comme le soulignait Carl Zimmer sur son blog, les formats courts sont gratifiants. Ils apportent une dose élevée de plaisir et de stimulation. Ne négligeons cependant pas de continuer à ouvrir les livres et les journaux dont le format classique permet une plus profonde analyse et argumentation. Et si les « conférences courtes » étaient une étape, une dose d’adrénaline pour adhérer à des idées puis les faire germer ?