100% Open Access :

un besoin de cohésion avant tout !

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Le 24 et 25 janvier derniers se tenaient les journées d’étude de Couperin sur l’Open Access. Le thème cette année « Généraliser l’accès ouvert aux résultats de la recherche » était le point central qui articulait les présentations. Plus de 20 intervenants ont pris la parole pour proposer différentes solutions qu’ils expérimentaient ou observaient. Les avis étaient partagés et les échanges entre intervenants et avec le public parfois houleux. Or, tous sont d’accord sur la nécessité d’être 100% en Open Access… Certains l’ont rappelé judicieusement, pour y arriver il faut mettre en place une cohésion nationale et même internationale. Et cela passe peut être par l’acceptation d’une diversité des modes d’action. Retour sur ces échanges instructifs…

 

consortium couperin open access
Consortium Universitaire de Publications Numériques : Couperin
 

Les 24 et 25 janvier, le consortium universitaire de publications numériques Couperin organisait leur 5ème journées de l’Open Access (#jeoa13 sur Twitter). Ces journées ont été organisées tous les 2 ans depuis les débuts de l’Open Access, il y a une décennie. C’est la première année où autant de monde était présent selon les organisateurs. La prise en compte de l’Open Access par les différents acteurs de la recherche n’est plus à prouver. Mais après cette 1ère phase « d’évangélisation », ces journées de l’Open Access montrent aujourd’hui une volonté de s’organiser pour agir au mieux, ce qui n’est pas une tâché aisée.

 Stevan Harnard, un des pionniers du mouvement Open Access, était présent pour rappeler ses fondements « gratuité, immédiateté, permanence en ligne des articles scientifiques ». Il était impartial également sur l’objectif premier à atteindre, c’est-à-dire un système 100% en Open Access pour l’ensemble des contenus scientifiques (articles, livres, monographies). Tous étaient en accord sur cette nécessité de généraliser l’Open Access. Les différentes présentations proposaient de s’inspirer des expérimentations fructueuses et de réfléchir ainsi aux solutions les plus adaptées. Cette idée, simple en théorie, est beaucoup plus difficile à mettre en pratique face à la diversité actuelle des modèles existant.

Aujourd’hui, l’Open Access se divise en deux voies principales : la « voie verte », ou archives ouvertes, et la « voie dorée », appelée encore modèle « auteur-payeur ». (Pour plus d’informations, consultez notre article Open Access : contexte et émergence). En France, les archives ouvertes se développent essentiellement autour de la plateforme HAL. Une politique nationale a été mise en place depuis 2008, suivant les directives du BSN4 (feuille de route pour une bibliothèque scientifique numérique)  afin de coordonner l’ensemble des archives ouvertes autour de HAL. Lors de la conférence, Christine Berthaud (directrice du CCSD - Centre pour la Communication Scientifique Directe") présentait les nouvelles mesures prises. En 2012, une étape supplémentaire a été franchie avec la création d’une unité mixte de service (UMS). HAL se retrouve l’élément clef et fédérateur entre les différentes archives institutionnelles des universités, grandes écoles etc.

Lors de ces deux journées, ce sont essentiellement nos voisins anglais qui ont pris la parole pour la « voie dorée ». Le rapport Finch signé en juillet 2012, impose « la voie dorée » pour toutes publications publiquement financées par le Research Councils en grande Bretagne à partir de 2013 Robert Kiley, directeur des digital services de la bibliothèque du Welcome trust et secrétaire du groupe ayant publié le rapport Finch, expliquait la stratégie qu’ils souhaitaient mettre en place. Les lignes directrices proposées semblaient encore peu claires pour l’instant.

Le parti pris des intervenants pour la « voie verte » était plus que visible. Twitter a été un terrain d’observation propice pour faire ressortir les échanges parfois houleux concernant la meilleur solution à adopter entre « voie verte » et « voie dorée ».

Pour enrichir ces prises de position peu ouvertes à la discussion, d’autres modèles ont été évoqués notamment la « voie platinum ». Ce système propose un hybride comparable au version Freemium que l’on trouve dans le secteur de la musique, vidéos etc. Les textes sont libres d’accès pour les auteurs et les lecteurs mais ce sont des services supplémentaires qui sont commercialisés. C’est le cas par exemple des revues d’Open Edition. Geneviève Fioraso, Ministre de la Recherche, a cité cette nouvelle voie dans son discours. Bien pratique pour ne pas prendre position.

La dernière solution évoquée est celle des epirevues lancées quelques semaines auparavant notamment par des mathématiciens et informaticiens. Il s’agirait de revues en Open Access alimentées par des articles déposés dans des archives ouvertes sans qu’elles aient été publiées ailleurs. Un comité éditorial de la revue s’organiserait afin d’apporter une caution scientifique à chaque article validé.. Le lancement de la plateforme est attendue avec impatience. Ce sont les mathématiques qui ouvriront le bal avec Episciences maths.

Cette diversité des modèles et les avis montrent le tâtonnement actuel pour trouver la meilleure solution permettant de passer cette période compliquée de transition vers un « 100% OA ». Beaucoup le rappelait et les présentations le faisaient ressortir, ce qu’il faut surtout aujourd’hui c’est de la cohésion et de la coordination d’une part au niveau national mais également d’un point de vue européen et international.

En France, une coordination budgétaire est également nécessaire. Comme Jean Claude Guédon le soulignait, il s’agit tout d’abord de repenser les budgets de la recherche et d’y intégrer le coût de la communication scientifique. Au niveau européen et international, OPENAire ou la nouvelle plateforme Medoanet, sont des exemples concrets des efforts fait pour la coordination des archives ouvertes.

Mais en premier lieu, cette coordination passe par une condition sine qua non : une acceptation de la diversité des approches. Marin Dacos, du CLEO, l’a très bien exprimé « nous recherchons une bibliodiversité en Open Access sur le modèle de la biodiversité ». L’écosystème de la recherche est complexe et multidisciplinaire. C’est la diversité linguistique des lieux et des modèles d’émission du savoir qu’il faut pouvoir accepter pour un 100% Open Access.

 

 

 Un grand merci à Malicia Rogue pour ses storify !

 http://storify.com/MaliciaRogue/generaliser-l-acces-ouvert-aux-resultats-de-la-rec

 http://storify.com/MaliciaRogue/generaliser-l-acces-ouvert-aux-resultats-de-la-rec-1

 

Pour en savoir plus avec MyScienceWork:

 

Notre dossier Open Access sur MyScienceNews http://www.mysciencework.com/fr/MyScienceNews/dossier/870/openaccess

Les présentations de l' Open Access Week à Paris en 2012 : http://fr.slideshare.net/MyScienceWork/presentations

Notre liste scoopit "Open Access in Science" : http://www.scoop.it/t/open-access-in-science

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